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02/02/2015

je ne suis pas enseignante (envoyé à Télérama dans le cadre d'une enquête)

je ne suis pas enseignante, mais je ne crois pas que seuls les enseignants sont responsables du pouvoir de réfléchir et de critiquer des jeunes, même si leur responsabilité est grande.

 
je suis en retraite, mais, formatrice en français, j'ai été amenée à enseigner à des jeunes exclus de l'école: oui, il faut leur donner la parole, et des outils, ce qui me semble-t-il est impossible dans des classes surchargées (j'avais des groupes de 12 en cours).
 
il faut également donner des outils aux enseignants: en plus du français, j'ai vécu une formation de 3 ans avant d'obtenir un DUT d'animateur socio-culturel. Parallèlement, j'ai fait des stages en ateliers d'écriture. Il faudrait également  apprendre à enseigner en équipes, ce qui m'a manqué, proposer plus d'interventions extérieures, non pas plaquées mais intégrées, et les payer (je le dis aussi parce que je suis intervenue bénévolement en écoles, et que je crains que ce soit le cas des rescapés d'Auschwitz et d'ailleurs qu'on nous a fait découvrir à l'occasion du 70ème anniversaire).
 
il faudrait peut-être penser également à former les parents à leur rôle, car, contrairement aux croyances, cela ne s'improvise pas, et il existe peu de structures pour eux (encore moins en relation avec l'école), peu ou pas de lieux d'écoute autour de leurs difficultés. 
 
et s'il faut donner la parole aux jeunes dans les écoles, il faudrait également qu'elle leur soit donnée, à eux et à leurs initiatives, dans les médias 
 
quant à moi, depuis le 7 janvier, j'essaie surtout de changer ma propre vie (ce qui me semble plus réaliste), et de débattre davantage, que ce soit avec mon entourage ou sur internet, pour que ce ne soit pas la peur, mais la tolérance qui gagne, le respect de l'autre mais comment est-il respecté quand on lit que 80 personnes possèdent la moitié des richesses du monde ?
 
RV
 
ayant 6 petits-enfants, j'essaie de m'intéresser aussi à ce qui se passe dans leurs écoles, constatant la chance qu'ont certains de "tomber" et ce dès la maternelle sur des écoles qui leur laissent une grande place, et à leur créativité, avec tout ce que cela exige comme moyens et efforts, mais ce n'est pas le cas partout...

11:07 Écrit par viviane rommelaere dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook

31/01/2015

amies pour la vie (appel à témoins de toute une histoire qui ne m'a pas retenue)

Elle est née en janvier 1950, moi en juillet, dans la même maternité de la Vallée des Roses (traduction de la ville dunkerquoise de Rosendael). Elle a habité la rue derrière chez moi, à vol d'oiseau (Réaumur, Buffon). Elle a eu 2 soeurs, 2 frères. Moi, j'étais l'aînée de 5 enfants. Elle, Nicole, moi, Viviane.

 

Nous avons fréquenté la même école maternelle, puis primaire, Roger Salengro, à une époque de non-mixité. Nous n'en avons pas les mêmes souvenirs. A cette époque aussi, il valait mieux être aux premières places. J'avais l'impression de prendre une revanche, et puis, j'étais poussée par ma mère. Elle subissait davantage, m'a-t-elle dit.

 

A partir de la 6ème, à 11 ans, elle est venue chez moi tous les jeudi, le jour où l'on n'avait pas classe. Il y avait beaucoup de rires, chez moi, beaucoup de discussions, avec ma mère, on va dire que c'était très vivant, très accueillant.  Pas forcément facile, pour moi, qui avais la responsabilité des plus petits, et une mère de caractère.

 

Nous avons su les résultats du BEPC en même temps, et ma mère, à qui nous avons fait croire que nous l'avions raté, a été la première à qui nous avons pu dire notre joie. Nos routes ont bifurqué, moi vers le littéraire, Nicole vers le technique. Mais nous nous sommes retrouvées quand nous avons voulu créer une MJC à Coudekerque, à travers la JOC, les quartiers de Ste Thérèse et Ste Germaine, les boums.

 

Elle a été témoin de mon mariage, puis, très vite, de ma dégringolade dans la dépression: c'est elle qui m'a aidée à recevoir le médecin contrôle d'Usinor-Arcelor-Mittal, qui a conclu à une longue maladie, dont je subis encore aujourd'hui les séquelles.

 

Elle était là aussi lorsque nous avions 30 ans et qu'a été créé le groupe poétique Dialogue. Je suis partie ensuite à Lille, en IUT carrières sociales, et nous nous sommes perdues de vue. Pas tant que ça puisque 10 ans plus tard, hospitalisée, j'écrivais F(r)élur(g)e(nc)es, qu'elle tapait pour moi, moi, le côté rêveur, elle, le pratique, mathématique, informatique. 

 

Puis reperdues. Jusqu'en 2010, où, par un article paru dans la Voix du Nord à l'occasion de la sortie de mon livre Con(iophore), elle m'a recontactée, alors que j'habitais la Bretagne, et elle, toujours Dunkerque. Repris un contact douloureux aussi avec ma mère, devenue hémiplégique et aphasique. A qui elle ne savait pas qu'elle disait adieu, avec moi, dans une chambre d'hôpital, au moment du mariage de ma soeur Sylvie.

 

Sylvie qui, un an plus tard, fuyait un mariage catastrophique (son 3ème). Moi, j'étais loin. C'est Nicole qui l'a recueillie chez elle, jusqu'à ce qu'elle trouve, un mois plus tard, son propre appartement (propre ? Je ne suis pas sûre...). 

 

Nous sortons tout juste de ce dernier épisode. 

 

 

11:03 Écrit par viviane rommelaere dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

27/10/2014

excusez-moi je vis 3

   Tout a commencé par le gâchis de l'idéalisation. Ou du perfectionnisme. J'avais 10 ans, ou moins, et je me confessais chaque semaine. Chaque samedi soir, j'entrais dans l'église. Déjà, pour donner une idée, un gros bloc gris posé au centre d'un quartier de maisons rouges. Comme un parpaing. Pas élancée: grosse. Comme un scarabée. Pas colorée: grise. Et sombre. Avec un nom de vieille femme. Germaine. Celles qui à la messe du dimanche sentaient déjà la mort. Ou la naphtaline. Dans leurs manteaux de deuil. 

   Tout était froid, dur, obscur, à l'intérieur. Il fallait attendre son tour, agenouillé. La paille des chaises de la rangée entrait dans le genou. On n'osait même pas chuchoter. Ni regarder franchement l'autel. Coupable. Avant d'entrer dans le confessionnal. D'entendre le guichet qui s'ouvrait d'un coup sec.

- Bénissez-moi, mon père... J'ai mauvais caractère et la gourmandise mal placée.

- Vous me ferez 3 je vous salue marie. 

   A partir de là, je voulais entrer dans le plus-que-parfait. Ne plus élever la voix, ne plus être que service, love and peace. Cela durait parfois une heure, de retour au logis familial, à endurer l'impatience des autres, les corvées ménagères, avec le sourire. Souvent moins. Je n'avais pas l'âme d'un souffre-douleur permanent.

   Mais celle de l'innocence. La servante de monsieur le curé, qui se prénommait Jeanne, commandait au presbytère. Le prêtre qui enseignait mon frère au catéchisme mettait la main sur les cuisses des petits garçons. Les sexes étaient séparés, à l'époque. On craignait que le mal s'insinue à la vision de l'autre. Mais moi, je ne voyais que des anges. Gris, certes, mais purs.

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01:42 Écrit par viviane rommelaere dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

 
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