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19/09/2015

à la poursuite du shérif de Trédarzinic

Le shérif de Trédarzinic

On l'appelait le shérif.

Etait-ce parti de l'épicerie ?

- On ne le voit jamais ici, se plaignait l'épicière, tout en pesant un kilo de cocos de Paimpol.

- Pourtant, il prône le commerce de proximité. Vous me mettrez deux de vos kouign amann. Vous êtes toujours fournie par la même boulangerie ?

- Celle de Plouëc. Toujours.

- C'est un hypocrite, estimait un autre client.

- Comme tous les politiques, rajoutait-on.

- Il est seulement d'une avarice crasse, tranchait un connaisseur, qui attendait qu'on lui serve de la saucisse à l'autre extrémité du petit magasin.

Ou était-ce à la bibliothèque que ce terme avait été employé pour la première fois ?

- Il n'y a que 14 inscrits cette année.

- Il faut dire que vous avez longtemps vécu dans un placard. Il faut le temps que les gens se rendent compte qu'ils possèdent maintenant une véritable bibliothèque.

- Quand il a rénové la mairie, qui n'était pas digne de son statut, il n'a pas pu en faire l'impasse. Mais il a réussi à la placer à l'arrière, dans une ruelle peu accessible, et sans aucune indication.

- Pour sûr que lorsqu'on traverse Trédarzinic, on ne risque pas de la voir.

- Et il ne s'y est lui-même pas inscrit, souligna avec écoeurement une autre bénévole.

- Quand j'entends le mot culture, je sors mon revolver, plaisanta une lectrice cachée par une étagère.

- Je l'ai entendu dire dans un de ses discours que c'était l'un des fleurons du village.

- Pas dans ses vœux à la population, en tout cas. Il aurait trop peur d'encourager à la lecture.

- Et puis, s'il ne lit pas lui-même...

- Il aurait peur surtout que des gens se rencontrent en dehors de son influence.

A moins que le dernier bistrot à résister n'ait lancé le concept. Mais on y était prudent, en général. Sachant que les murs ont des oreilles. Que des 3 autres qui existaient avant son élection, l'un avait fini dans un procès dont les frais d'avocat avaient eu raison, l'autre avait été boycotté, et le dernier qui avait mis plus longtemps à mourir, avait finalement été ramené à la raison du maire avec le suicide du propriétaire. On ne tenait pas tête sans dommages au shérif de Trézardinic. Si l'on avait vécu au moyen âge ou au far west, nul doute qu'aux arbres du village on aurait rencontré des pendus. Ici, certains se passaient eux-mêmes la corde au cou, mais dans leur grange. L'ancien garagiste, l'éleveur de poulets, par exemple. D'autres se fondaient dans le paysage. Curieux de rien. Puis venait le gros des agriculteurs-chasseurs-buveurs. Qu'il avait convaincus qu'il était le meilleur, même s'il n'appartenait pas à leur clan.

  

11:31 Écrit par viviane rommelaere | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

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