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15/11/2012

3 D: caca-pipi, un temps fort dans l'espace des petits (et plus si constipés)

    Elle avait assisté à une crise de constipation chez Gastby. Elle tenait dans ses bras un tronc d’arbre, rouge pivoine, cœur battant follement,  hurlements, arc complet. Et elle ne savait que faire pour le soulager. Les parents l’obligeaient à marcher ou le vissaient au pot, lui ont-ils expliqué plus tard, mais comment aurait-elle pu plier un arbre ? Elle avait cherché à le masser mais il éloignait sa main, des épinards mais il les rejetait. Il avait eu jus d’orange,  poire mûre,  compote de pommes. Cela n’avait pas suffi.

 

   IMG_5289.jpgCe moment-là était inscrit dans sa mémoire, car elle avait été seule, et fini par abdiquer, appeler les parents, totalement démunie.  Elle avait connu des moments difficiles avec ses enfants bébés, aussi. Comment les avait-elle surmontés ? Elle avait préféré  enfouir cette période si loin qu’elle ne s’en souvenait plus. Les fièvres, les maladies, les chutes, les objets avalés… Elle avait fréquenté les urgences. Elle s’était levée la nuit pour vérifier la respiration du petit, soudain morte d’inquiétude. Mais pour ses enfants, c’était elle qui décidait. Pas pour les petits-enfants. Elle ne possédait pas toutes les cartes. Elle avait peur de mal faire.

 

    Elle avait cherché sur internet. Elle y trouvait des salades ananas-épinards, épinards-oranges, épinards-parmesan, pas de verdure pour les chéris, ils n’appréciaient pas. Peut-être le cake aux épinards, 40 minutes de cuisson, thermostat 6, 180 degrés, 300 grammes de farine, 3 œufs, 3 cuillères à soupe de lait, 1 d’huile, 1 sachet de levure, c’était la base. Il suffisait d’ajouter 500 grammes d’épinards, 75 de gruyère en dés, les lardons, elle s’en passerait… Elle savait que les abricots secs étaient efficace, mais à partir de quel âge ? Et les dattes, mais il les recrachait. Et le jus de pruneaux. Elle prévoyait déjà que pour la fête de famille de Noël, le repas aurait des orientations très précises dans ce sens.

 

   N.B.: Un moyen simple pour lutter contre la constipation : faire tremper 4 ou 5 pruneaux secs dans un bol d'eau, le soir. Mettre au réfrigérateur. Manger les pruneaux et boire l'eau de trempage le lendemain à jeun. Ou bien : une cuillerée à soupe d'huile d'olive, le matin avant le petit déjeuner.

Réf.: Espérance Médicale octobre 2006 Tome 13 N° 131

 

   La consommation de fibres, comme les fruits secs (pruneaux, abricots), les légumineuses (haricots blancs ou rouges, pois chiches, lentilles), les légumes et fruits frais (poireaux, épinards, laitue, courgettes, fraises, kiwi, framboises) ou les céréales, est donc essentielle. Elle va permettre l'augmentation de la consistance des selles, grâce à leur pouvoir d'absorption de l'eau, et stimuler les contractions de l'intestin.

 

  Les bébés, c’était aussi une histoire de caca-pipi. De dents. Et il ne fallait pas omettre cet autre essentiel, les livres. Son beau-fils lui avait demandé si ça ne la dérangeait pas de lire une histoire à Malicia et Dartagnan, tandis qu’il allait faire une IMG_5280.jpgcourse urgente. Bien sûr que non. Elle avait commencé par raconter une libellule, qui s’était terminée en catastrophe, les jumeaux profitant de l’absence des parents pour lui ramener les 150 bouquins de leur stock, et elle ne décrochant pas de son rôle de lectrice. Elle parvenait parfois à terminer une phrase. Elle ne parvenait pas à gérer. Le gendre revenu s’arrêta surpris à la porte. La ruche s’affolait, elle croulait. Elle avait connu la même expérience avec Robin et Samira, les aînés. Une leçon de cuisine ne s’improvise pas non plus. Et il faut prendre garde à ne jamais tourner le dos à l’un des protagonistes. Comment s’était-elle débrouillée, parent ? Grand-parent, elle devenait novice.

15:38 Écrit par viviane rommelaere | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook

14/11/2012

une mamie, qu'est-ce que c'est (ou pas) ?

   Quand même, elle a l’impression que ses petits-enfants rachètent tout ce qu’elle n’a pas su donner aux enfants. Son mariage avec Robert était déjà un échec. Au lieu d’éviter aux enfants l’exemple rabâché d’un ratage, de rancoeurs, elle l’avait repassé en boucle, dans tous les styles de langage et jusqu’aux plus fleuris. Au lieu de s’employer à chercher à établir avec ses filles et son fils ce dialogue que les parents entre eux n’avaient pas su mettre en place, elle les avait obligés à vivre entre ses geignements, leurs disputes. IMG_4740.jpg

   Robert avait abandonné à sa femme tous les volets de leur éducation. Ils n’avaient jamais communiqué là-dessus. Elle s’était sentie seule, trahie, s’était complu dans cette souffrance. On n’élève un enfant au bonheur que si soi-même on est heureux. Elle ne l’avait pas été, ne l’avait pas caché.

   Mais le non-dit aurait pu occasionner plus de dégâts. Tout n’était pas totalement négatif. Avec la distance, elle évaluait que son bien-être, c’était à elle de le fabriquer. Elle avait trop tout attendu du mari. Une relation fusionnelle qui ne pourrait jamais se créer. Elle n’avait pas vécu avec suffisamment d’autonomie. En ce temps-là, qui se situe dans les années 1950-70, la femme était encore élevée dépendante, soumise à l’homme. Mais elle avait changé. Et elle voulait que ses petits-enfants profitent de cette mamie joueuse, joyeuse, enthousiaste, positive, optimiste. Tant que ce serait possible.        

  IMG_4921.jpg Elle n’en avait pas touché mot aux enfants : mais déjà, quand  elle courait après l’un et l’autre, qui n’allaient jamais dans la même direction mais toujours où c’était interdit  (dans les moments de pique-nique, par exemple), quand ils étaient encore à ramper, elle  finissait sur les rotules.

   Elle aurait le temps de se reposer. Après. Et avant. Femme  prévoyante et consciente de ses limites. Si les petits-enfants étaient prévus au programme, elle pratiquait des activités calmes et des siestes plus longues les 3 jours précédents.

   Surtout qu’à présent, ils ne se contentaient plus de ramper. Les plus grands aimaient courir, les plus petits prenaient plaisir à ce qu’elle les entraîne aux limites de leurs forces, et cela réclamait de bien les avoir en main et conjuguer les rythmes. Et tous grimpaient, touchaient à tout, ouvraient toutes les portes, bricolaient tous les boutons. Ses anges insatiables ! Ses merveilleux chipoux ! IMGP6313.JPGDe Beslé à Trévenec. De Herrin à Herlies. Du Lille-Nantes au Paris-Brest, suivant les circonstances, les trains, les récupérations, les lieux où ils sévissaient.

   Bien sûr, elle se sentait une immense responsabilité vis-à-vis d’eux. Défilaient dans sa tête, pêle-mêle, les faits divers où les enfants confiés aux grands-parents avaient disparu, s’étaient noyés dans la piscine, dans la fosse à eau, la citerne, la mare, s’étaient fait renverser dans la circulation, par une voiture folle, un chauffard, une seconde d’inattention, avaient été mordus par un chien rottweiler ou doberman, avaient reçu une balle perdue, joué avec des allumettes, chuté d’un étage, s’étaient intoxiqués.

 

23:19 Écrit par viviane rommelaere | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook

11/11/2012

Mamie, Robert et le sérial

Je suis la Mamie Bato, la Mamie Soircierre, Ogresse, Fée Carabosse (quand on s'appelle Viviane !!!), qui essaie de faire écraser ses petits-enfants sur les routes ou noyer dans les piscines. Mais je vais vous raconter ça mieux dans une histoire qui s'appellera Mamie, Robert et le sérial, et que je viens d'écrire (à la recherche d'un éditeur, deuxième étape !!!)

     I. Mamie apprécie les mauvais managers et les décès précoces…

   Victoire ! Raymonde criait victoire ! Elle se serait jetée nue en hurlant dans la rue, roulé sur les tapis du salon, elle aurait marché sur l’eau, sur les mains, dans la jungle, pour exprimer sa joie ! Si elle n’avait eu 62 ans et déjà des atteintes physiques à son intégrité. Ses enfants  lui avaient finalement permis de prendre les jumeaux avec elle en vacances ! Pas sans mal. D’abord, ils avaient dit NON ! Catégoriquement, définitivement NON !

- Tu ne tiendras pas le coup…

- Ma santé s’améliore. Et grâce à eux. Ils m’ont redonné le goût de vivre, du bonheur, de la complicité.

- Mais 4, tu te rends compte ?

- Je les ai déjà gardés.

- Pas longtemps… Pas ensemble...

- Nous serons 2. Ils ont grandi.

- Presque 2 ans et bientôt 2 ans et demie. C’est là qu’ils ont besoin le plus de surveillance.

- Dans un camping tranquille, familial, fermé.

-  Tu ne pourras pas leur tourner le dos une minute. Alors, question tranquillité…

- Juste 2 semaines…

- Avant, tu faisais ta sieste en même temps qu’eux. Ils n’ont plus les mêmes rythmes.

- L’air de la campagne les assommera.

- Il t’assommera davantage. Et tu ne pourras pas faire Chut ! Mamie fait dodo…

- On s’est bien marrés la dernière fois, avec Dartagnan et Malicia.

- Oui, mais vous aviez une chambre à l’écart. Vous n’avez pas réveillé les 2 autres.

- Si t’étais pas intervenue, nous aurions peut-être dormi…

- Avec leurs 2  jambes en l’air et qui attendaient que tu ouvres l’œil pour se marrer…

- Ils guettaient ma réaction. Si je  m’étais pas esclaffée…

- Tu te fais des illusions. Et puis, même avec 2, je ne serais pas tranquille. Tu as des moments d’absence, d’inconscience.

- Mais non.

- Mais si. Quand tu as mis Dartagnan sur la route pour le photographier.

- C’était une route où il passait personne. Devant un super paysage.

- Tu n’en savais rien.

- J’aurais entendu. J’étais tout près.

- Tu as vieilli. Tu n’as plus les réflexes.

- Merci.

- Tu serais capable de le prendre en photo au bord d’une falaise en lui criant recule, recule, pour parfaire ton image.

- Mon image ?

-Celle de ta photo.

- Exagère pas.

- Et quand tu lui a lancé que tu allais le manger dans le petit bassin de la piscine ?

- Je pouvais pas savoir sa réaction : d’habitude, il rit…

- Et il se sauve…

- Et il se cache : là, où il se serait caché ?

- Il a failli se noyer…

- Heureusement qu’il t’a pour lui sauver la vie…

- J’en ai  parlé avec J.C. C’est non.

  

   De l’autre côté, même son de cloche.

- Mais ce sont des crèmes, Edelweiss et Gatsby…

- Des crèmes un jour. Mais pas 15. Et puis 15 jours sans eux…

  

   Et puis, faut-il remercier les employeurs qui prennent leurs salariés pour des pions sans vie privée, qu’on déplace et qui remplacent au gré de ce qui arrange leurs patrons ? Parfois simplement pour que ceux-ci ne se cassent pas la tête sur leur planning (la vie d’un employé vaut-elle 1 heure de réflexion supplémentaire, surtout, faut-il ajouter, dans un monde si complexe et si pressé, citrons-sardines, métros surpeuplés, urbanisation galopante ?)  Son fils vit ses vacances remises à une date ultérieure, et pas de nounou pour garder les petits.

   Il y eut dans le même temps un décès chez son beau-fils. Il ne pouvait se permettre de manquer à l’enterrement, qui nécessitait un long voyage. Raymonde ne savait pas si  les sentiments rendaient sa présence indispensable, ou les préjugés,  mais elle aurait volontiers embrassé l’aïeule décédée, même froide : ils acceptaient de lui laisser les enfants ! Ils les reprendraient au retour…

   Dieu en qui Raymonde n’est pas sûre de croire (mais comme elle doute de tout !), sois ici remercié ! Pas 15 jours avec tous,  mais bien du temps quand même avec ses petits, ses chéris, ses adorés, que pouvait-elle demander de plus ?

  - Oui, je sais, ce sera pas facile, soupire-t-elle alors qu’elle a encore envie de hurler sa joie, de danser autour de la table à la manière indienne ou zoulou, de se rouler par terre. Mais plus de sortir dans la rue : elle s’est déjà calmée, l’adrénaline est retombée.

 

14:30 Écrit par viviane rommelaere | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

 
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