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19/11/2010

mon père est mort et je lui ai écrit une dernière fois, pour la messe

Un père qui nous quitte, c’est quelque chose en nous qui meurt, enfants jamais tout à fait construits, toujours fragiles.

   Ces dernières années, nous nous sommes beaucoup retrouvés, à travers ta souffrance dans la maladie et ta solitude, et les nôtres aussi, parfois, et malgré la distance, et tu es parti en paix, je crois, devoir accompli.

   Homme toujours occupé, tu ne supportais pas de n’avoir rien à faire, et tu avais encore cette semaine des projets d’aller peindre chez les autres, et sûrement aussi des rêves de jardins.

   Homme libre, homme indépendant.

   Et cependant si attaché à ta femme. Fidèle depuis 60 ans, tu as choisi de la rejoindre dans sa résidence médicalisée, et nous avons tout fait pour qu’il en soit ainsi.

   Tu répétais sans cesse de bien profiter de la vie, et tu demandais des nouvelles de tous, étonné d’être 19 fois arrière-grand-père, 6 jumeaux cette année.

   Est-ce de toi que me vient ma créativité, mon goût de la nature, mon besoin de tout garder, et chacun de tes enfants retrouvera en lui un peu de toi ?

   Je me souviens, petite, tu me portais sur tes épaules, par des crépuscules pluvieux, est-ce pour cela qu’ils m’émeuvent toujours ? Et les parties de cartes, où tu étais le plus chanceux.

   Nous étions une famille, et c’est à chacun d’entre nous de resserrer les liens autour de notre mère, pour que tout cela ne soit pas trop lourd à porter.

   Notre frère voyait notre grand-tante dans un nuage qui s’isolait dans le ciel, peut-être es-tu aussi quelque part.

   Maman, à qui j’ai lu ce texte, me demande de rajouter qu’elle t’aime. Et qu’elle ne sera pas toute seule à vivre son chagrin de ton absence.

00:21 Écrit par viviane rommelaere | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook

Commentaires

Ta lettre belle et triste en même temps.

Écrit par : marie | 19/11/2010

je m'inquiète pour ma mère, surtout, dont je suis éloignée géographiquement
et puis, pour cette fragilité à laquelle nous ramène la mort d'un être proche
pour ce monde de brutes dans lequel j'ai du mal parfois à percevoir l'humanité: pourquoi cette soif de pouvoir, d'accumulation des richesses, chez certains qui de toutes façons vont se confronter aussi à la mort ? Et comment accepte-t-on encore qu'il y ait des SDF dans un pays qui a les moyens de proposer un toit à tous ? Pourquoi la souffrance ?

Écrit par : viviane | 19/11/2010

Les commentaires sont fermés.

 
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