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08/01/2010

c'est où l'enfer ?

De quel côté se trouve l’enfer ?

   Mon père.

De quel côté se trouve l’enfer ?

   Mon père.

   Il a 79 ans. Je lui téléphone tous les jours. Depuis qu’il est allé à l’hôpital. Trois semaines. Pour une chute. Nous habitons à 655 kilomètres l’un de l’autre. J’ai 20 ans de moins. Mais je suis déjà en invalidité.

   J’ai été plus éloignée de lui, pendant longtemps. Un jour, à la résidence pour personnes âgées où vit ma mère, hémiplégique et aphasique, j’ai proposé une projection de photos de mon voyage autour de l’art brut en France. Les pensionnaires étaient présents, et ma fratrie, et mon père. Il est devenu plus conciliant.

   Je l’ai senti mal, à l’hôpital. Enfermé, lui qui ne le supporte pas. Un voisin de chambre auquel il se raccroche. Peu de visites. Rien à faire : il ne lit, ne regarde pas la télé, pas le droit de sortir de sa chambre. Prisonnier. De son corps aussi, à peine capable de le soutenir jusqu’aux toilettes. Un constat. Mais aucune plainte.

   A la sortie de l’hôpital, il était prévu de l’accueillir dans une structure adaptée. Faible, et atteint d’Alzheimer. Mais l’interne s’est trompé. L’entrée était en réalité une visite. Ma sœur qui par chance, car c’est par hasard qu’elle a été prévenue, l’accompagne, le ramène chez lui. Il ne se souvient plus d’avoir un appartement.  Il retrouve ses repères une fois à l’intérieur. Elle laisse un message à l’infirmier et aux aides ménagères. Elle doit rentrer chez elle. Ses enfants, son travail. Eloignés.  Nous sommes une famille explosée, et en partie décomposée.  La mobilité,  agite-t-on comme la panacée à tous nos problèmes. La fin des repères familiaux classiques. Une explication aux dérives de la société, peut-être.

   Je prends le train pour le rejoindre, 2 jours plus tard. L’infirmier n’a pas reçu le message : il est resté sans soins durant tout ce temps. Résistant, mon père. J’appelle en urgence. J’occupe mes journées entre mon père et mes visites à ma mère. Le temps extérieur ne permet pas de sortir, glacial et glissant. Mon père n’en a cure. Il faut qu’il  voie sa femme ! Il refuse un taxi : nous prenons le bus. Au retour, le retard du bus dû à la neige nous rend glaçons. Lui est vêtu légèrement, et n’accepte pas que je lui fasse remarquer. Mais le lendemain, il mettra un gros pull. Les jours suivants, il les passera surtout au lit, épuisé. Il faut dire aussi qu’il ne distingue plus le jour de la nuit, et qu’il se lève à 3 ou 5 heures du matin, pour une urgence que je devrai resituer.

  

12:12 Écrit par viviane rommelaere dans Blog | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook

 
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