20/04/2012
la joie de vivre
J'ai vécu ça dans ma famille, le rire à tout moment, à table, dans les jeux, avec les amis, en vacances, c'était notre mode d'expression, rire, se faire plaisir, chahuter, organiser des fêtes, il y avait toujours du monde à la maison, et les rires étaient très communicatifs, mélange de la convivialité gourmande et carillonnante d'Ypres, en Belgique, ville de ma mère, et du côté carnavaleux de mon père, à Dunkerque, où nous habitions. Cela n'empêchait pas la tristesse et les problèmes, peut-être encore plus intensément ressentis, la guerre qui avait fait souffrir ma mère, le couple mal assorti, l'argent qui manquait toujours, mais tout cela partagé, la famille soudée, rendaient tout plus léger.
Et puis il y a eu la dépression, et la lente reconstruction. Après mon AVC, j'ai passé une semaine à l'hôpital, et me suis rendu compte que ce que j'avais vécu le week-end précédent, une promenade sur la plage du Léguer, à Lannion, et ce moment où, pour nous protéger du vent, nous nous étions allongés, Marie-Eve, Laurent, Audrey et moi, à l'abri de rochers, et nous étions bien, et c'est ce souvenir qui me revenait sans cesse dans mon lit d'hôpital, il faut faire provision de bons souvenirs, les nourrir, les ressasser, cela peut servir. Je viens de passer une semaine seule dans mon appartement précaire. Et ce sont d'autres nourritures qui me font m'éclater, mes lectures, d'abord, ma joie de pouvoir sortir comme je veux, mes projets enfin, d'été, d'expositions, de rencontres, d'engagements. J'ai 6 petits-enfants, 4 très proches, des jumeaux de 24 et 18 mois. Avant, lorsque j'avais un coup de blues, je regardais sur le net Le partisan de Leonard Cohen, ou La valse, ceux qui avaient été enregistrés à Austin. Aujourd'hui, les photos de mes petits-enfants tapissent tous mes murs, et c'est cela que je regarde, ou les vidéos que j'ai réalisées chez eux. Ils me donnent la force et la joie de leur sourire.
Sourire, c'est ce qui a été réalisé dans un atelier d'écriture à Guingamp, autour du quartier du Roudourou en pleine rénovation (et démolition), avec Adèle, chanteuse briochine pétante d'énergie et d'écoute. Je me rends compte à ces textes réunis autour du portrait volé (ils sont de moi), de l'importance que j'accorde au sourire: "un homme à la voix claire, douce, harmonieuse, avenante, et surtout, souriant. Si tout le monde savait l'importance d'un sourire, comme la première jonquille du printemps qui éclôt, comme un soleil qui s'éclate dans un ciel bleu, voilà, oui, il fait fondre le désespoir, il réchauffe le coeur. Parfois il est absent et l'accueil me paraît vide. L'administration retrouve son côté froid, lourd, la grisaille des bureaux, la brutalité d'une imprimante, les regards désormais seulement posés sur les écrans, indifférents, les conversations au téléphone, arides, techniques." ou M: "il était en début de file, à côté d'une dame à laquelle il faisait la conversation. Ils se connaissaient, donc. Ils attendaient et il est sûrement plus plaisant d'attendre en parlant. D'autres s'ennuyaient, visiblement. Le monde actuel n'est plus patient, ne sait plus attendre hors du bruit, de l'occupation. Il faut toujours être occupé. Il me rappelait M, avec ses cheveux noirs en V, sourcils noirs, yeux profonds, et je le devinais, doux, aimable, intéressant. Tout M. Jean râpé et blouson noir, mais chic, discret, bavard juste ce qu'il faut. Avec un kéfié autour du cou, mis avec élégance. On lui aurait fait confiance. Bien que je l'aie regardé plusieurs fois, il ne semble pas s'en être aperçu. J'aurais bien aimé le voir me sourire."
15:03 Ecrit par viviane rommelaere dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
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22/03/2012
A lire, Irène Blain, la forêt des 29
J'évoque ce bouquin ici, situé dans l'Inde des années 1400-1500, parce que je trouve qu'il est totalement d'actualité, aujourd'hui, et surtout, très optimiste: l'homme est capable d'agir, de résister, de respecter son environnement, sans croire à des dieux ou à des sauveurs de toutes sortes, mais en prenant soi-même son destin en main.
Il se termine d'ailleurs sur ceci: partout aussi, même révolte contre le mépris des prétendus "responsables" ou experts autoproclamés (là, je pense entre autres à Allègre et à tous ces donneurs de leçons qui passent en boucle à la télé) qui nous répondent comme d'autres ont répondu aux Anciens de Pipasar avant la catastrophe: "Allons, ça n'arrivera pas ! ça va s'arranger ! Et puis, l'humanité en a vu d'autres, non ?" Vue à court terme, yeux bandés, oreilles bouchées. Et ignorance crasse des leçons de l'Histoire, cette Eau du Passé, comme je la nomme à présent, après avoir écouté les femmes et les hommes du désert.
Mais ce que nous dit aussi Djambo, c'est que les lamentations sont vaines. La source est en nous. Il est encore temps - il est plus que temps- d'aller à sa rencontre. Nous pouvons nous recréer. Et recréer le monde. Ensemble, et par nous-mêmes.
Ou, si je reprends le résumé qui me semble bien fait de ces 448 pages éditées en 2011: cela se passait en Inde, il y a plus de cinq siècles. Dans ce pays aimé des poètes, les puissants ont tout saccagé. Pour leurs constructions mirifiques, ils ont déboisé les forêts, méprisé les forces de la terre et du ciel. Le vent s'engouffre dans les villages, la sécheresse s'installe, le fossé entre les riches et les pauvres devient intolérable, la misère rode, la vie est en danger. Pourtant, chacun courbe l'échine.
Un jeune paysan va refuser la fatalité. Rejeté par les siens, Djambo a rejoint le peuple des Errants, connu la faim, la soif, la passion et l'inanité des rêves d'abondance. Avec quelques vagabonds, il fonde une communauté dont la survie tient à ses principes simples. Leur ligne directrice: le respect de la Nature et de tous les êtres humains. Ces principes vont permettre au Pays de la Mort de ressusciter.
On comprend mieux ainsi le succès de Gandhi, puis de Martin Luther King qui a été un admirateur de Gandhi, ou d'autres, plus proches de nous, qui continuent à prôner la non-violence, le non-racisme, la paix. Il y a, par exemple, les Colibris, mouvement de Pierre Rabhi, en France, à l'occasion des élections présidentielles (mais je suppose que si vous vous êtes intéressés aux élections, et sur actualité, on ne peut en faire abstraction, vous le connaissez tous...)
Je fais maintenant partie d'un Conseil des Sages (si !!!), dans ma ville, qui pourrait aller dans ce sens, comme le SEL, ROC, LPO, Vivarmor et leurs refuges pour la faune et la flore, des petits bouts du monde, avec leurs chartes, qui regroupés...
Et je vous souhaite à tous de trouver le même sens à votre vie, et la même sérénité (même avec ses hauts et ses bas: aucun humain n'est parfait...)
Viviane
03:27 Ecrit par viviane rommelaere dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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25/11/2011
avez-vous besoin de la compagnie
d'un chat de 2 mois (situé entre Rennes et Nantes)
la couvée a été déposée de nuit devant la porte de ma fille à Pierric (la grille du jardin n'était pas fermée à clef). Entre son travail à l'école, ses jumeaux de 20 mois, sa maison en auto-construction, ses 2 chats d'un certain âge, 1 chat abandonné qu'elle n'a pas le coeur de chasser (l'autre a retrouvé ses maîtres), elle ne peut tout assumer (mon chat Gandhi, apôtre de la non-violence, étant particulièrement asocial, je ne peux guère la soulager)... Sinon, les chats iront à la SPA de Chateaubriant... Quand je vais lui rendre visite, il n'y a de place pour moi que dans le (petit) séjour (ainsi que pour ses 2 chats).
N'oubliez pas Bataville suivi d'un débat à la salle d'animation (à côté de la mairie) de Pontrieux, ce soir, 20h30.
Ni l'exposition des illustrations de Goutal et des textes de l'atelier d'écriture de Guingamp, portraits autour de la rénovation du quartier du Roudourou, le 1er décembre à la mairie à partir de 17h, à laquelle je participe.
Ni l'exposition d'Art Insolite à Frazé mi-juin (et peut-être à la salle Mitterrand de Guingamp début juin avec un coin Art Brut et un coin Illustration des Chipoux de Beslé, avec Eric Loupp et moi-même: article de l'Eclaireur de Chateaubriant paru cette semaine joint)
Et si quelqu'un a encore des projets à me proposer, qu'il n'hésite pas (en dehors de ma période d'hibernation) !!! Plus le monde est morose, plus je cherche la beauté des choses (et ça rime). J'ai écouté Wiesel hier à la télé (non, je n'ai pas de télé, j'étais pas chez moi): on a envie d'être comme lui... Et dire que les éditeurs ont refusé son premier livre: sans Malraux, Wiesel serait peut-être aujourd'hui un inconnu (Cheval aussi). Y a-t-il un Malraux dans la salle ?
Ah oui, sur l'article c'est bien Eric Loupp (et non pas Lopp: que les concernés réclament !) et les Chipoux de Beslé, c'est notre bouquin, à Eric et à moi, mon semi-polar s'intitule Le monde selon ma mérule farceuse et crapouasse (hé oui, crapouasse, en référence à Stephen King... ou à son traducteur). Pour suivre, lisez l'article joint (ou achetez l'Eclaireur). Merci à Kirographaires, l'éditeur de CON(iophore) de bien vouloir ajouter l'article sur son site...
Tout ça fait un peu désordre ? C'est comme ça que je fonctionne, et je l'assume, lancer une bouteille d'eau à la mer... Et je vous rajoute un coucher de soleil vu de ma fenêtre il y a 2 jours... Y a même pas besoin de la mer pour se faire des moments de bonheur: y a seulement besoin des autres, du soutien des autres, de leur sourire, de leur bienveillance (fais-moi une place au fond de ton coeur: c'est Julien Clerc qui chante)...
Viviane
16:09 Ecrit par viviane rommelaere | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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