03/02/2010
quend un rêve se transforme: avez-vous des conseils ?
Il y eut un rêve, posé sur le bord du Trieux, d'un appartement au premier étage, à rénover complètement, 65 m2 projetés d'un côté sur Notre-Dame du Bon Secours, de l'autre sur le plein soleil, et l'avant sur la rue commerciale animée, comme un paquebot, tout en longueur.
Il y eut un notaire et un agent immobilier, pour rassurer d'éventuels clients: il n'y en eut qu'une, capable d'imaginer le palais que deviendrait le lieu abandonné, et qui leur fit confiance, et qui mit 6 mois à obtenir son prêt, car les assurances ne prennent pas de risques avec les malades.
Il y eut le mérule: est-ce lui qui fit fuir les propriétaires du dessus, et qui arrêta les artisans appelés à faire les nécessaires travaux pour rendre le logement habitable ?
Il y eut la fin d'un rêve, et la recherche de solutions: des fenêtres en PVC, un faux plafond en armat, mais quelle entreprise, dans les Côtes d'Armor, pratique des plafonds en acier ?
Il y eut tout un immeuble à sauver, et dans un bourg, des habitants qui auraient souhaité ne pas vivre seulement En avant Guingamp.
17:52 Ecrit par viviane rommelaere | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
|
Facebook
10/01/2010
c'est où l'enfer (2)
Retour dans ma Bretagne, après ce trop bref passage : pas de bus pour me conduire à la gare. Trains supprimés, retards. J’arrive à Lille, également sous la neige. Bonheur de retrouver ma fille, mes petits-enfants. Entre 2 trains. Car chez moi m’attendent les fêtes de Noël, et une autre partie de ma famille, celle qui s’est exilée plus à l’ouest, et ne le regrette pas.
Je continue à l’appeler au téléphone. Il ne mange pas. Il dit qu’il vomit tout. Hier, il pesait 57 kg. Aujourd’hui, 55,6 kg. Mes sœurs me donnent régulièrement de ses nouvelles, aussi. Une bouffée d’air quand je me sens déchirée par mon absence auprès de quelqu’un qui en a besoin. Elles aussi ressentent cette culpabilité. Je l’imagine se levant avec effort. Marchant à tous petits pas. Occupant quelques rares moments par des taches inutiles mais indispensables pour qu’il se sente encore vivre en même temps qu’il s’épuise. Abîmé de partout. Du cœur, des poumons, et de l’estomac, aussi. Mais toujours sans se plaindre
.
Nous avons hérité de tout cela, toutes les maladies qui ont traversé notre passé familial. Cancers des grands-parents, AVC de ma mère (celui-là m’échoit), problèmes cardiaques. Mon père a également rencontré l’amiante, dans sa vie professionnelle, et ses conséquences. L’alcool. On dirait qu’il cumule. Mais il dit « c’est la vie. On ne peut rien y faire. » Résigné, déjà, quand ma mère l’a rencontré, et l’a poussé à changer de métier. Tout le temps, il aura obéi. Aujourd’hui, il veut être libre.
Quelle liberté quand on ne peut plus se déplacer, quand on n’a pas le goût de lire ? Lorsque je lui parle de mes travaux de rénovation, ses yeux brillent, il retrouve la sûreté d’un spécialiste. Avant, il réalisait. Il sait que c’est fini, mais il n’a pas oublié. Pas encore.
10:40 Ecrit par viviane rommelaere dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
|
Facebook
08/01/2010
c'est où l'enfer ?
De quel côté se trouve l’enfer ?
Mon père.
De quel côté se trouve l’enfer ?
Mon père.
Il a 79 ans. Je lui téléphone tous les jours. Depuis qu’il est allé à l’hôpital. Trois semaines. Pour une chute. Nous habitons à 655 kilomètres l’un de l’autre. J’ai 20 ans de moins. Mais je suis déjà en invalidité.
J’ai été plus éloignée de lui, pendant longtemps. Un jour, à la résidence pour personnes âgées où vit ma mère, hémiplégique et aphasique, j’ai proposé une projection de photos de mon voyage autour de l’art brut en France. Les pensionnaires étaient présents, et ma fratrie, et mon père. Il est devenu plus conciliant.
Je l’ai senti mal, à l’hôpital. Enfermé, lui qui ne le supporte pas. Un voisin de chambre auquel il se raccroche. Peu de visites. Rien à faire : il ne lit, ne regarde pas la télé, pas le droit de sortir de sa chambre. Prisonnier. De son corps aussi, à peine capable de le soutenir jusqu’aux toilettes. Un constat. Mais aucune plainte.
A la sortie de l’hôpital, il était prévu de l’accueillir dans une structure adaptée. Faible, et atteint d’Alzheimer. Mais l’interne s’est trompé. L’entrée était en réalité une visite. Ma sœur qui par chance, car c’est par hasard qu’elle a été prévenue, l’accompagne, le ramène chez lui. Il ne se souvient plus d’avoir un appartement. Il retrouve ses repères une fois à l’intérieur. Elle laisse un message à l’infirmier et aux aides ménagères. Elle doit rentrer chez elle. Ses enfants, son travail. Eloignés. Nous sommes une famille explosée, et en partie décomposée. La mobilité, agite-t-on comme la panacée à tous nos problèmes. La fin des repères familiaux classiques. Une explication aux dérives de la société, peut-être.
Je prends le train pour le rejoindre, 2 jours plus tard. L’infirmier n’a pas reçu le message : il est resté sans soins durant tout ce temps. Résistant, mon père. J’appelle en urgence. J’occupe mes journées entre mon père et mes visites à ma mère. Le temps extérieur ne permet pas de sortir, glacial et glissant. Mon père n’en a cure. Il faut qu’il voie sa femme ! Il refuse un taxi : nous prenons le bus. Au retour, le retard du bus dû à la neige nous rend glaçons. Lui est vêtu légèrement, et n’accepte pas que je lui fasse remarquer. Mais le lendemain, il mettra un gros pull. Les jours suivants, il les passera surtout au lit, épuisé. Il faut dire aussi qu’il ne distingue plus le jour de la nuit, et qu’il se lève à 3 ou 5 heures du matin, pour une urgence que je devrai resituer.
12:12 Ecrit par viviane rommelaere dans Blog | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
|
Facebook
